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LES INDONESIENS OFFRENT A JOKOWI UN SECOND MANDAT

Posted by in Non classé | mai 02, 2019

Les résultats non définitifs accordent au président sortant environ 55% des voix, contre 45% au candidat de l’opposition Prabowo Subianto. Joko Widodo a désormais cinq années de plus pour continuer à développer et moderniser le pays.

L’élection présidentielle du 17 avril dernier avait un goût de déjà-vu, opposant les deux mêmes candidats que celle de 2014. Elle a accouché d’un résultat similaire, Jokowi étant selon toutes les estimations crédité d’environ 55% des voix, un score légèrement supérieur à celui d’il y a cinq ans.

L’image d’homme du peuple de Jokowi lui a permis d’obtenir un deuxième mandat, soutenue en cela par ses succès économiques et sociaux.

De même, si Jokowi a permis certaines améliorations bureaucratiques (collecte de l’impôt, obtention de permis), l’Indonésie reste victime de réglementations compliquées.

Comme il y a cinq ans, le président a promis de faire de l’archipel un centre manufacturier de premier plan.

Il faudra donc à Jokowi une ambition et une efficacité démultipliée pour accélérer la croissance économique du pays.

Ce dont les deux candidats peuvent être fiers, c’est la participation globale de 80%. Les Indonésiens continuent de faire de la démocratie une fête.

Ce mercredi 17 avril 2019, près de 154 Millions d’Indonésiens se sont rendus devant les urnes pour départager le président sortant et son opposant.

C’est 7 % de plus que lors des élections de 2014. Cette tendance pourrait être due à un phénomène économique: lors des élections d’avril dernier, chaque votant pouvait jouir d’un nombre important de réductions dans les cafés, magasins et restaurants du pays en présentant son doigt violet (marque du vote en Indonésie). Dans les magasins Krispy Kreme par exemple, tous les votants pouvaient repartir avec 12 beignets pour le prix de 6. Cette « tradition » est née en 2014 lors des élections législatives et n’a cessé de croître jusqu’à atteindre son paroxysme le mois dernier. Car ce qui pouvait être alors perçu comme une offre commerçante s’est rapidement transformé aux yeux du politique en machine à participation. C’est pourquoi cette année, la campagne de réduction fut pilotée principalement par le ministère des Communications et de l’Information (Kominfo).

L’île de Komodo sera interdite aux touristes en 2020

Posted by in Non classé | avril 24, 2019

Après maintes tergiversations, la décision est tombée :  l’île de Komodo sera temporairement fermée au public en janvier 2020 et seulement l’île de Komodo.


Le parc national de Komodo est situé au large de l’île de Flores à 1h20 d’avion de Bali (Indonésie), ce parc marin comprend d’autres îles comme Padar qui offre un magnifique point de vue et Rinca où les touristes pourront continuer à venir à la rencontre des fameux dragons de Komodo, espèce endémique de la région.

La fermeture de l’île de Komodo devrait permettre d’améliorer les conditions d’habitat des dragons et leur préservation. De nombreux arbres devraient être plantés. 

Une réflexion plus générale est menée pour réorganiser l’impact du tourisme sur l’île ; environ 10.000 personnes viennent visiter le parc national de Komodo chaque mois (dont 95% de touristes non indonésiens). 130 personnes travaillent à la gestion et protection du parc.

La décision des autorités indonésiennes n’est en rien surprenante et s’inscrit dans la lignée d’autres fermetures de sites emblématiques aux touristes. Depuis juin 2018, la plage thaïlandaise, Maya Bay, où avait été tourné le film «The Beach» avec Leonardo DiCaprio a été fermée au public. Aucune date de réouverture n’a encore été annoncée. Quant à la célèbre île philippine de Boracay, elle a dû être interdite au public pendant six mois pour subir une vaste opération de nettoyage. Le site est de nouveau accessible depuis octobre 2018.

Bali est tellement fantastique, sans plastique

Posted by in Non classé | janvier 27, 2019


Bali a longtemps souffert d’un déficit de prise en charge de ses déchets. Si j’écris cet article aujourd’hui, réjouissons-nous, c’est parce que les choses évoluent dans le bon sens.

Ayant débarqué en famille à Bali il y a plus de 10 ans, et concernés par le secteur du tourisme, nous avons immédiatement été confrontés au contraste existant entre cette nature sublime et les déchets qui, au-delà de leur toxicité potentielle, gâchaient par endroit le paysage. Combien de fois ne nous sommes-nous pas crispés à la vue d’une plage déserte où l’on trouvait pourtant trace de la présence humaine via une quantité invraisemblable de sac plastiques ou autres reliefs de notre société, plus ou moins avouables ? Il m’est arrivé de cadrer mes photos pour ne plus voir ces encombrants détritus,… Je pense que mon esprit, lui-même, avec l’habitude, avait fini par « photoshoper » mentalement les endroits abîmés.

Nous n’avons jamais jugé ou blâmé les habitants, partant du principe que toute personne qui consomme (surtout il y a 10 ans) produit des déchets, déchets dont il faut bien se débarrasser… Que pouvaient faire les villageois, les habitants des montagnes, tous ceux vivant dans les régions les plus reculées et non desservies par un service de ramassage, sinon balancer leurs poubelles dans les rivières ? Ne les voyant plus jamais revenir, ils pensaient que c’était le signe d’une opération réussie, rondement menée. Qui ne l’aurait pas cru ?

Ce qui n’était pas jeté loin du regard était brûlé : plastiques, pneus, papiers, bois, feuilles, sans distinction aucune (si ce n’est à l’odeur). Comment imaginer, qu’une fois devenues invisibles, de petites particules mortelles en suspension allaient se poser sur les rizières, juste à côté, entrainant son lot de cancers au sein de la population ? Tout au mieux demandait-on poliment aux voisins que la fumée ne dérange pas et les ordures étaient brûlées la nuit.

En Europe, il a fallu des années d’éducation, de messages, de coercition, pour que nous prenions conscience de l’impact que nos déchets ont sur la nature. Il était donc normal que cela ne se fasse pas du jour au lendemain à Bali. Nous, les êtres humains, vivons toujours plus ou moins dans le déni tant que nous ne sommes pas la tête dans le mur, nous sommes ainsi faits, pour la plupart. Il a donc fallu des années d’images percutantes, de réflexion, et une menaçante vague médiatique, pour que le virage s’opère enfin et que les mentalités changent.

Nous-mêmes, avons mis un certain temps à comprendre comment fonctionnaient les choses sur l’île. Nous pensions trier : nous faisons des tas de plastiques, des tas de verre, des tas de papier et nos ordures disparaissaient. Affaire classée. Lorsqu’un jour, nous avons remarqué que la responsable qui emmenait les déchets (où les emmenaient-ils d’ailleurs ? Quelle personne suit ses déchets pour savoir où on les emmène ?) rassemblait tous nos petits tas triés en un seul gros tas dans un camion, et disparaissait. Il devait nous prendre pour des originaux ou des fétichistes des ordures ménagères.

Puis, un jour, naquit les initiatives privées, non gouvernementales d’abord, dont « Eco Bali », association de tri et de recyclage à laquelle nous nous sommes immédiatement abonnés, « Bali green bambou » (qui vend des pailles en bambou pour délivrer Bali du fléau des pailles en plastique), « Bye Bye Plastic bag », un mouvement lancé par 2 adolescentes balinaises…

La mécanique était lancée et l’état a fini par embrayer. Les camions de ramassages et les poubelles ne cessent de se multiplier et, enfin, le 24 décembre 2018, le gouverneur de Bali, Wayan Koster,  annonçait l’interdiction pure et simple du plastique à usage unique en 2019, ce qui vise plus spécifiquement la styromousse (pour emballer les repas), les sacs en plastique ou les pailles en plastique.

En conclusion, l’avenir n’a jamais été aussi vert et ouvert pour la belle île de Bali et l’un de mes prochains articles évoquera sans doute très prochainement… un paradis retrouvé.

Le point sur les plages de Bali et d’ailleurs

Posted by in Non classé | juin 19, 2017
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Le point sur les plages de Bali et d’ailleurs

Beaucoup de voyageurs arrivent à Bali pour ses plages et c’est une erreur, selon nous. Non pas que Bali ne possède pas quelques jolies plages, mais que ce n’est là pas son meilleur atout. Bali possède avant tout une nature splendide, hors du commun, et une culture riche et passionnante à côte de laquelle il serait dommage de passer.

Les voyageurs qui voudront quelques jours de farniente en bord de mer en fin de séjour (et on les comprend) seront confrontés à ces choix : rester à Bali ou quitter Bali.

Ceux qui resteront à Bali profiteront le plus souvent des plages du sud. Les plages du nord ou de l’ouest étant des plages de sable noir (certes très agréables, mais moins en corrélation avec l’image habituelles des cartes postales). Ils iront sur le Bukit (colline en Indonésien), près de Balangan, pour les plus férus de nature et de paysage marins à couper le souffle… ou logeront à Seminyak ou à Canggu pour ceux qui recherchent un peu plus d’animation (restaurants, jolies boutiques d’artisanat, beach clubs…)

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Découvrez le sud de Bali avec Lune de Miel Bali

Il faut savoir également que beaucoup de ces plages sont des plages de surfers, ce qui offrira un spectacle fascinant, mais que les vagues seront parfois peu propices à la baignade.
Gardez aussi à l’esprit que les bords de mer ont été phagocytés par les grands ressorts et que les petits hôtels de charme sont rarement directement en front de mer (souvent à 10 minutes de marche).

L’équation qu’il nous est souvent demandé de résoudre en tant qu’agence : “Je voudrais terminer mon séjour dans un petit hôtel de charme en bord de mer sur une plage de sable blanc paradisiaque” est un vrai casse-tête, pour ne pas dire un impossible… ;.))))

A ceux qui sont prêts à se délocaliser hors de Bali, s’offre régulièrement ces choix : les îles Gili (Gili Meno, Gili Trawangan et Air) de petits îlots coralliens à l’ambiance sympathique (on peut y voir des tortues aquatiques), le sud de Lombok et ses longues plages de sable blanc, ou encore Nusa Lembongan, certainement la plus accessible, à une demi-heure de trajet de Bali.
A ces destinations, qui sont de bonnes destinations, mais qui commencent à être relativement connues de tous, nous vous proposons des alternatives plus en dehors des sentiers battus. Ces alternatives demandent en général un trajet un peu plus long, mais elles se combinent idéalement avec un circuit, vous offrant à la fois une découverte de l’île des Dieux ou d’une autre île d’Indonésie et une fin de séjour dans un décor paradisiaque qui vous marquera durablement.

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Ces nouvelles destinations sont Sumba (nous y connaissons une magnifique gesthouse tout en bois, sur une belle plage de sable blanc), Flores et l’archipel de Komodo (que diriez-vous d’une petite île déserte avec plage privée, avec quelques bungalows et une ravissante piscine ?), Karimunjawa (un resort de luxe ou une île privative vous y tend les bras, cet archipel est encore totalement préservé), Raja Ampat (pour les amateurs de plongées et de snorkeling hors du commun), les îles Togian (à combiner avec la découverte de Sulawesi et du pays Toraja)… Pour chaque personnalité, pour chaque budget, pour chaque saison, il y a une plage de rêve qui vous attend quelque part en Indonésie. N’hésitez pas à nous en parler au moment de l’élaboration de votre programme, nous sommes à votre écoute.

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Mon rendez-vous en terre inconnue chez les Mentawai

Posted by in Non classé | mai 16, 2017
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Mon rendez-vous en terre inconnue chez les Mentawai

Je ne sais plus comment j’ai entendu parler des dernières Tribus des hommes-fleurs des îles Mentawai la première fois. Je pense que c’était au travers d’un post de surf sur Facebook. Inutile de dire que mon envie d’aller à leur rencontre a été immédiate, mais le voyage étant long et ayant un coût, je l’ai longtemps postposé. Un deuxième hasard a placé sur ma route celui qui allait être mon guide sur place. Nous avons parlé tout les soirs pendant plusieurs mois. Puis, un jour on a fixé la date, pour ne plus reculer. Comme d’habitude, mon sac a été fait à la dernière minute et j’avais peu lu sur l’endroit en question pour arriver sans a priori sur les lieux. A refaire, je préparerais mieux mon matériel pour ajouter un peu au confort, très sommaire, de l’expédition. Ainsi, je remplacerai les jouets gonflables de surf couinant de mon fils par de vrais matelas pour dormir, mdr…

Pour vous rendre là-bas à partir de Bali, il vous faudra une journée de trajets en avion. Nous avons donc passé la première nuit à Sumatra, dans une petite guesthouse à Padang, “The new house”, pas mal, routard de luxe (air conditionné, mais salle de bain partagée) de quoi nous mettre dans l’ambiance. La matin, après un petit déjeuner sommaire (il était trop tôt) nous avons prix le fast boat pour Siberut (la plus grande île des Mentawai, à l’Ouest de Sumatra). Fastboat très confortable, ponctuel, mer plate… Attention aux engelures toutefois, l’air conditionné (comme dans beaucoup d’endroits d’Asie) marche à fond et une petite veste est la bienvenue. Pour le reste, vous ferez route avec de beaux surfers (les Mentawai étant surtout prisées pour ses incroyables spots de surf) ce qui n’a personnellement pas gâché mon voyage ;.)

Le Fastboat faisait arrêt sur une autre île ce jour-là et le trajet a duré 5 heures avec un petit arrêt pour se restaurer dans un Warung local. Une fois arrivé au port, nous avons pris un tuk-tuk moto qui nous a conduit a un petit village où le guide achète des provisions pour la préparation des repas, ainsi que pour votre famille d’accueil (et des tas de cigarettes pour les Mentawai qui sont des fumeurs invétérés). Après cela, nous avons embarqué dans une pirogue en bois pour nous enfoncer dans la jungle. Il y a selon moi quelque chose de fascinant et de jouissif à prendre distance avec la civilisation, une petite sensation de “Into the Wild”, la fin tragique en moins, bien entendu. A la fin du trajet, le cours d’eau était vraiment de venu étroit et nous avons accosté. La plupart ont accosté, moi je suis tombée dans la boue, n’ayant pas perçu que ma jambe allait s’enfoncer jusqu’à mi-cuisse. Vous voilà prévenus et moi baptisée !

Les chemins pour accéder aux Umas furent ma plus grande surprise, il pleut fréquemment la nuit sous ces latitudes et les chemins marécageux sont agrémentés de rondins glissants que lesquels on marche en équilibre précaire. Lorsqu’on se rate, ce qui arrivent tous les trois pas pour les plus doués, on plonge la jambe dans la boue jusqu’au mollet ou au genoux, c’est très variable, en fonction de la taille de la jambe. Au début, on rigole des bruits de succion pour récupérer les chaussures, à la fin on se concentre, car l’exercice est fatigant. Nous avons dû faire appel à des Mentawais pour porter nos bagages, car rester debout pour nous, simples occidentaux, était déjà un challenge. Ils s’en sont allé, nus-pieds, les bagages sur la tête, et nous ne les avons retrouvé qu’à notre arrivée, hilares de notre lenteur. Petite parenthèse, ils ont de l’humour, car un jour que je revenais de la rivière et que j’essayais de mettre péniblement mon collant sur des jambes encore humides, je confiais à une des femmes que je trouvais leurs conditions de vie bien difficiles, à quoi elle a répondu : “Comme de rentrer dans tes habits, on dirait” avant de me proposer un high five avec un grand sourire édenté, et bim ! Autre parenthèse, la plupart parlent un peu l’Indonésien, ce qui m’a permis de dialoguer directement avec eux, un vrai plaisir.

Les Mentawais vivent donc dans de grandes maisons familiales, les Umas, espacées de 20 minutes de marche chacune, parfois plus. Ce sont de grande maisons en bois, sans meubles, avec un feu de bois pour la cuisine au milieu. Ils n’ont pas d’électricité, par de réseau pour téléphoner, pas d’Internet… Pour se doucher et pour faire ses besoins, on va à la rivière, ce qui nous a appris très vite à ne pas trop boire le soir… La nuit tombe vite sous l’équateur et la seule lumière provient de petite lampes à pétrole de fabrication maison. La nuit, nous avons eu droit à de petites moustiquaires qui formaient comme des petites tentes, plus intimes, sympas. Eux dorment sur des nattes tressées en rotin, à la dure. Contre toute attente, j’ai eu froid la nuit (un sac de couchage et un vrai matelas pneumatique aurait été un plus). Les cochons dorment sous la maison sur pilotis et les coqs et les poules ne sont pas loin, il faut s’habituer à cohabiter avec ce petit monde.

Un chamane, Tarason, vieux monsieur dont le visage respire la bonté, a été notre guide durant ces 4 jours. Les Mentawais sont pour la plupart encore animistes. Il nous a montré un peu de leur art de vivre et nous a expliqué un pan de leur culture ne perdition. Comme des élèves respectueux et attentifs, nous avons appris comment faire des pagnes à partir de l’écorce d’un arbre (long et fastidieux travail), comment trouver des verres de Sagou pour s’en nourrir (je préfère la version cuite à la version crue, personnellement). Avec une femme, nous sommes aller dans la rivières apprendre leur technique de pêche au filet, appris comment confectionner le Sagou à partir de l’écorce réduite en farine et cuite dans des bambous. Nos accompagnateurs cuisinaient pour nous, matin, midi et soir et les Mentawais qui nous accueillaient semblaient ravis de goûter à tout, des repas, aux gâteaux maisons, en passant par les barres de céréales que nous avions apportées en nombre.

Le premier jour, la dame qui nous accueillait m’a montré un pansement couvert de boue à son orteil. J’ai très vite compris qu’elle souhaitait que je la “soigne”, elle avait parfaitement ciblé la bonne personne, je tourne de l’œil à l’évocation d’une simple égratignure. Mais, pas le choix, pour eux nous sommes “blancs”, nous venons de la ville, nous avons forcément une trousse à pharmacie bien remplie, nous sommes donc la Providence. Je vous passe les détails, mais marcher dans la jungle pieds nus comprends des dangers. La plaie profonde avait été recousue et était en voie de cicatrisation. Ma réserve de pansement, de Bétadine, de pommade et mes chaussettes (mon soutien gorge aussi, mais c’est une autre histoire ;.) y sont quand même passés. C’est sans regret que nous leur avons laissé notre pharmacie avec moult explications et à refaire, je leur apporterai encore plus, car ils n’ont rien, tout simplement rien…

Mon fils de 9 ans et moi avons fait le choix d’être tatoués selon leur rituels ancestraux. Les tatouages sont à la fois comme des vêtements pour leur corps, une façons de montrer leur appartenance à un certain niveau social ou à une même famille. Les symboles sont soigneusement choisis, notamment en fonction de ce qu’il leur faudra pour vivre, comme l’épine de rotin qui courent parfois tout au long de leurs bras ou pour conserver l’harmonie entre le corps et l’âme. La beauté (de l’âme et du corps, c’est pourquoi ils portent des fleurs) est indissociable de leur manière de vivre. Leur communion avec la nature et l’esprit des animaux fait partie de leur quotidien. Le temps a passé vite là-bas, sans stress, sans pensées parasites. Nous avons tout oublié, le boulot, les élections en France… L’isolement agit comme un cocon salvateur. Les journées sont rythmées par les besoins vitaux à combler et la joie simple de longues conversations un thé à la main avec des voisins venus rendre visites. Un retour au sources !

Lorsque je suis rentrée, j’ai commencé à lire beaucoup sur les Mentawais et j’ai compris avec beaucoup d’émotion ce que j’avais déjà pressenti, leur culture ne peut plus s’inscrire dans le temps. Ils ont longtemps été opprimés, leur forêt disparaitra et les jeunes se tournent vers des conditions de vie plus faciles. Comme toujours, la question liée à mon activité, s’est posée : faut-il ou non emmené des voyageurs là-bas ? Avec la plus grande honnêteté et après avoir beaucoup douté, je pense que c’est surtout la manière dont on le fait qui compte. Emmener un couple respectueux à leur rencontre ne détruira pas leur culture, mais l’entretiendra. L’apport financier qu’il reçoivent pour leur accueil leur permet certainement de tenir plus longtemps, surtout pour des couples plus âges dont les enfants sont partis. Ce qu’il ne faut pas importer là-bas, ce sont des touristes, des groupes qui imposent leur bruit, leur culture, leurs envies de confort et qui dénaturent l’expérience, la rencontre, les lieux.

Je ne pense pas que nous serons submergés de demandes. Cette démarche d’immersion, longue et peu confortable, reste rare de nos jours. Mais sachez que si nous organisons ce voyage initiatique pour vous, ce sera dans le plus grand respect de ce peuple émouvant qui m’a marqué et vous marquera comme jamais.

Pour voir quelques photos de mon périple là-bas : Iles Mentawai - SumatraIles Mentawai - Sumatra